Types de plans et cadrage dans un film
Types de plans et cadrage dans un film : bien les utiliser, c’est ce qui transforme une vidéo amateur en vidéo captivante. Voici comment quitter le club des débutants et entrer dans celui des confirmés.
On peut toujours filmer à l’instinct, mais ça ne mène pas très loin : les vidéastes vraiment doués sont aussi rares que les gagnants du loto.
Vous le savez maintenant, pour concrétiser un projet de film, il faut utiliser un langage. Pour écrire, le blogueur se sert de mots. Pour raconter une histoire, le vidéaste se sert de points de grammaire. Et, les valeurs de plan en font partie.
Types de plans et cadrage, avant de comprendre ce que sont les types de plans et cadrage dans un film, voyons d’abord ce qu’est un plan ?
Le plan est l’unité de base qui correspond à ce qui est filmé au moment où l’on enregistre. Autrement dit, entre le moment où l’on déclenche et où l’on arrête la caméra.
Une séquence est une suite de plans exprimant une idée principale à l’intérieur d’une action unitaire, de lieu et de temps. Par exemple, un repas de famille. Une réunion dans une entreprise où des chiffres sont présentés.
La séquence est constituée de plusieurs plans. Et les plans de plusieurs prises.
Donc, lorsqu’on tourne, on filme des plans. Et, au montage, on assemble des plans parmi des prises et ces plans vont former des séquences.
Les plans dans vos vidéos
Les appellations des différents plans peuvent changer d’un commentateur à l’autre. Mais, l’idée générale est toujours la même.
Lorsque vous allez composer vos plans pour vos séquences, vous allez alterner plusieurs types d’échelle de plans.
1 • Plan large (descriptifs de l’environnement) : plan d’ensemble – plan général
2 • Plan moyen (actions) : plan taille – plan américain – plan moyen
3 • Plan rapproché (expression des personnages, dialogues) : très gros plan – gros plan – plan poitrine
Le plan général est le cadrage le plus large : il décrit l’environnement dans lequel l’action se déroule. Une salle de restaurant, un bureau, une salle de sport, une plage… Outre le lieu, on découvre une ambiance et un moment de la journée. Au cinéma, l’ouverture d’Il était une fois dans l’Ouest (Sergio Leone) installe immédiatement la gare, le paysage et l’attente des personnages.
Le plan d’ensemble est plus resserré que le plan général : on identifie le sujet qui occupe une partie de l’image, tout en continuant à percevoir l’environnement dans lequel il se trouve. Dans Il était une fois dans l’Ouest (Sergio Leone), les personnages sont cadrés de loin dans l’immensité du décor.
Le plan moyen est un cadrage resserré sur le sujet principal : le décor n’occupe plus une place aussi importante. C’est le plan de l’action, celui qui suit un personnage qui marche et parle, comme dans les scènes de dialogue de Pulp Fiction (Quentin Tarantino).
Faisant référence au western et à la ceinture de pistolet qui était encore dans le cadre, le plan américain consiste à cadrer un personnage à mi-cuisse.
On distingue deux types de plans rapprochés : le plan taille et le plan poitrine. Ils servent à mettre en avant les personnages : on ne voit que la partie supérieure du sujet, coupée à la taille ou à la poitrine, complètement isolée du décor. Dans 12 Hommes en colère (Sidney Lumet), les plans poitrine font monter la tension entre les jurés.
Le gros plan met en valeur le sujet : le haut des épaules et la tête occupent tout le cadre, et le décor n’est plus présent à l’image. Le visage de Jack Torrance dans Shining (Stanley Kubrick) en est un exemple célèbre.
Le très gros plan consiste à cadrer uniquement une partie du sujet, par exemple les yeux. Il peut servir à faire partager une émotion.
L’échelle de plans, ce sont toutes ces valeurs différentes de plan. Elles sont une partie importante de la grammaire du cinéma. La même utilisée pour tous, que l’on soit derrière une caméra, un DSLR (appareil photo) ou un smartphone.
Types de plans et cadrage dans un film, c’est donner une autre dimension
Invisible pour le spectateur, cette grammaire offre une large palette d’émotions et de sensations. Même si les technologies ont évolué, la grammaire n’a pas changé et un plan large reste un plan large
Outre les valeurs de plans que nous venons de voir, il existe d’autres types de plan qui permettent de faire passer aux spectateurs des sensations particulières.
C’est le cas des plans en plongée ou en contre-plongée. En choisissant de surélever la caméra, celle-ci plonge sur un sujet. Une sensation de domination se fait alors ressentir. Si au contraire, la caméra se place au-dessous du personnage et le cible, ce plan en contre-plongée donne une sensation d’infériorité « à la caméra ».


Le plan subjectif apparaît quand la caméra remplace le regard d’un personnage et montre ce qu’il voit : la caméra devient alors subjective. On en trouve beaucoup dans les jeux vidéo, mais aussi au cinéma : l’ouverture d’Halloween (John Carpenter) adopte explicitement le point de vue du tueur avant de révéler son identité.
Et puis, plus dur à manier, le plan séquence consiste à filmer une séquence entière sans stopper une seule fois la caméra. Cela donne beaucoup de tonus aux images. Mais si votre plan séquence dure deux minutes et que vous faites une erreur au bout d’une minute cinquante, il faudra tout recommencer.
Selon la complexité du plan séquence, il faudra mettre en place un véritable ballet afin que la magie s’opère.
Tableau comparatif des types de plans
| Type de plan | Cadrage / définition | Usage narratif et exemple |
|---|---|---|
| Plan général | Le plus large : le lieu en entier, sujet minuscule. | Situer l’action et l’ambiance. Ex. : l’ouverture d’Il était une fois dans l’Ouest (Leone). |
| Plan d’ensemble | Sujet identifiable sur une partie de l’image, décor encore visible. | Placer le personnage dans son environnement. Ex. : les personnages de loin dans Il était une fois dans l’Ouest. |
| Plan moyen | Sujet principal en pied, décor secondaire. | Suivre l’action et les déplacements. Ex. : les dialogues de Pulp Fiction (Tarantino). |
| Plan américain | Personnage cadré à mi-cuisse. | Montrer gestes et attitude. Ex. : un duel de western, pistolet à la ceinture visible. |
| Plan taille | Personnage coupé à la taille. | Dialogue, présentation d’un personnage. Ex. : un dirigeant qui présente son entreprise. |
| Plan poitrine | Personnage coupé à la poitrine. | Mettre l’accent sur la parole et la tension. Ex. : 12 Hommes en colère (Lumet). |
| Gros plan | Tête et haut des épaules, sans décor. | Faire ressentir une émotion. Ex. : le visage de Jack Torrance dans Shining (Kubrick). |
| Très gros plan | Détail isolé : yeux, main, objet. | Partager une émotion forte ou souligner un détail. Ex. : les yeux d’un personnage. |
| Plan subjectif | La caméra remplace le regard d’un personnage. | Faire vivre la scène de l’intérieur. Ex. : l’ouverture d’Halloween (Carpenter), point de vue du tueur. |
| Plan séquence | Scène entière filmée sans couper. | Donner du tonus et de la continuité. Ex. : une visite d’atelier en une seule prise. |
Maintenant que vous connaissez tous les types de plans que vous pouvez utiliser, amusez-vous à visionner un film de famille ou les quelques images que vous avez prises avec votre smartphone. Vous ne verrez certainement que deux types de plan : larges et moyens.
Pour proposer un montage riche, il va falloir filmer différents types de plans.
Voici comment faire.
Types de plans et cadrage dans un film, c’est aussi avoir un point de vue
Littérature ou cinéma, le point de vue est un choix assumé. Au cinéma, il s’agit de ce qui est filmé et de la façon de présenter la réalité perçue par la caméra. Autrement dit, le réalisateur montre ce qu’il veut que nous voyions.
Il a donc son point de vue. Et ce point de vue s’exprime aussi à travers les différents plans. L’échelle de plans participe au point de vue. Mais il nous montre aussi celui de ses personnages. Et puis, il y a aussi le regard du spectateur. Le point de vue et l’identification vont de pair, le premier permettant le second.
Mais attention. La caméra ne ressent pas ce que nous percevons. C’est pour cela que vous allez devoir utiliser toutes les subtilités offertes par les valeurs de plan et l’échelle de plans. Si vous ne filmez que des plans larges, vos spectateurs n’auront pas de sensations.
Pour que l’émotion passe, il va falloir que votre caméra se place à divers endroits avec, à chaque fois, un point de vue différent.
Dans une fiction, le point de vue est souvent celui du héros. Celui par lequel le réalisateur veut que nous nous identifions. C’est pour cela que nous voulons que tout se passe bien pour lui. Comme s’il s’agissait de nous, finalement.
Types de plans et cadrage dans un film, de la théorie à la réalité
Si vous filmez pour le compte d’une société qui veut, par exemple, montrer à ses clients comment ses produits sont fabriqués, vous devrez montrer toutes les étapes d’un processus. Le héros, c’est votre client.
De la réunion des collaborateurs jusqu’à l’emballage, en passant par l’atelier si c’est une entreprise qui façonne elle-même ses produits. Vous devez tout montrer sans devenir ennuyeux.
En n’oubliant jamais que la vidéo, ce sont des images qui bougent ! Autrement dit, il faut toujours privilégier des plans où l’on voit des femmes et des hommes qui sont en mouvement plutôt que des pièces vides.
Une salle de réunion n’a d’intérêt que si des personnes sont en réunion ! Donc, si vous devez en filmer une, demandez à ce que l’on réunisse du personnel.
Si la configuration le permet, vous pouvez d’abord filmer cette pièce de l’extérieur, comme d’un couloir. Mais avec des personnes que l’on distinguera peut-être, si ces murs sont en verre.
Rapprochez-vous de votre sujet !
Une fois dans la pièce, vous ferez plusieurs plans larges, pris à différents endroits.
Une règle importante, les personnes filmées doivent éviter de regarder la caméra.
Le « regard caméra » est à bannir. Si vous faites un plan et que vous vous apercevez que l’un des participants regarde la caméra, recommencez.
Ensuite, rapprochez-vous des personnes présentes. Asseyez-vous à côté d’elles. Posez la caméra sur la table. Cela donnera une perspective très intéressante et des images esthétiques.
Filmer un stylo qui prend des notes (gros plan). Filmez des visages. Là encore, pas de regard caméra ! N’hésitez pas à vous déplacer avec la caméra en position d’enregistrement. Les mouvements de caméra font également partie de la panoplie de tout bon réalisateur.
S’il y a un orateur, mettez-vous à sa place le temps d’une prise. Là, éventuellement, des regards caméra peuvent être appropriés. Il s’agira alors d’un plan subjectif : la caméra prend la place de l’orateur et par là même, celle du spectateur aussi. Vous lui donnez l’occasion d’être à la place de celui que l’on a vu parler dans le plan précédent.
Ne soyez pas avare dans vos prises de vue. Beaucoup de plans iront à la poubelle lors du montage.
Il vaut mieux avoir trop de prises que pas assez. On a vu des montages devenir des cauchemars à cause d’un manque d’images.
D’autant que certaines de ces images serviront de « plans de coupe » si vous faites une interview.
Types de plans et cadrage dans un film au moment du montage.
Les plans de coupe servent à cacher les coupes nécessaires devant être faites lors du montage d’une interview. En effet, aussi talentueux que soit l’interviewé, il n’est jamais possible de montrer l’intégralité d’un entretien. Au moment du montage, vous allez garder les moments les plus intéressants en essayant de garder une cohérence dans les propos.
Les plans de coupe servent également à illustrer les propos. Dans l’idéal, il faut montrer des images correspondant à un propos. Si l’interviewé évoque des conditions de travail agréable, montrez des employés se trouvant en situation agréable. À la cafétéria, par exemple, en train de boire un café.
Voilà pourquoi les interviews en début de tournage sont à privilégier. Cela permet ensuite d’aller filmer des images qui serviront à illustrer les propos recueillis.
Dès l’interview terminé, prenez un papier et inscrivez les points évoqués lors de l’entretien pour aller les filmer.
Un bon tournage, c’est, bien entendu, un bon réalisateur.
Mais c’est aussi une bonne organisation. Elle s’acquiert avec le temps.
Mais si vous suivez à la lettre ces quelques recommandations, elle peut très vite devenir vôtre. Elle vous fera gagner du temps et rassurera vos clients.
FAQ : types de plans et cadrage
Quels sont les principaux types de plans au cinéma ?
On les classe par taille de cadrage, du plus large au plus serré : plan général, plan d’ensemble, plan moyen, plan américain, plan taille, plan poitrine, gros plan et très gros plan. À cette échelle s’ajoutent des plans particuliers, comme le plan subjectif et le plan séquence.
Quelle est la différence entre un plan général et un plan d’ensemble ?
Le plan général est le plus large : il montre surtout le lieu, et le sujet y est très petit. Le plan d’ensemble est plus resserré : le sujet est identifiable et occupe une partie de l’image, tout en restant dans son environnement.
Qu’est-ce qu’un plan rapproché ?
Un plan rapproché cadre la partie supérieure du sujet pour mettre en avant le personnage. Il en existe deux : le plan taille, coupé à la taille, et le plan poitrine, coupé à la poitrine. Le sujet y est presque isolé du décor.
Qu’est-ce qu’un plan subjectif ?
Dans un plan subjectif, la caméra remplace le regard d’un personnage et montre ce qu’il voit. Le spectateur se retrouve à sa place, ce qui renforce l’identification. On le rencontre souvent dans les jeux vidéo et dans certaines scènes de film.
Pourquoi varier les types de plans dans une vidéo ?
Alterner les plans donne du rythme, guide le regard et fait passer des émotions. Une vidéo composée uniquement de plans larges et moyens paraît monotone, alors qu’un mélange de plans larges, moyens et serrés rend le montage plus riche et plus facile à suivre.
Pour aller plus loin, découvrez comment filmer comme un pro avec un smartphone.







