Comment faire des films captivants

L’échelle de plans pour des films captivants

Grâce à l’échelle de plans, vous allez pouvoir réaliser des films captivants et leur donner une autre dimension. Voici comment faire pour quitter le club des débutants et entrer dans celui des confirmés.

Il est toujours possible de faire des films à l’instinct. Généralement, ça ne mène pas très loin à moins d’être un hyper doué. Mais les hypers doués, c’est comme ceux qui réussissent à avoir les six chiffres du loto. Ils sont peu nombreux.

Vous le savez maintenant, pour concrétiser un projet de film, il faut utiliser un langage. Pour écrire, le blogueur se sert de mots. Pour raconter une histoire, le vidéaste se sert de points de grammaire. Et les valeurs de plan en font partie.

Avant de comprendre ce qu’est l’échelle de plans, voyons d’abord ce qu’est un plan ?

Le plan est l’unité de base qui correspond à ce qui est filmé au moment où l’on enregistre. Autrement dit, entre le moment où l’on déclenche et où l’on arrête la caméra. 

Une séquence est une suite de plans exprimant une idée principale à l’intérieur d’une action unitaire de lieu et de temps. Par exemple, un repas de famille. Une réunion dans une entreprise où des chiffres sont présentés.

La séquence est constitué de plusieurs plans. Et les plans de plusieurs prises.

Donc, lorsqu’on tourne, on filme des plans. Et au montage, on assemble des plans parmi des prises et ces plans vont former des séquences.

Les plans dans vos vidéos

Les appellations des différents plans peuvent changer d’un commentateur à l’autre. Mais l’idée générale est toujours la même.

Lorsque vous allez composer vos plans pour vos séquences, vous allez alterner plusieurs types d’échelle de plans.

1 • Plan large (descriptifs de l’environnement) : plan d’ensemble – plan général
2 • Plan moyen (actions) : plan taille – plan américain – plan moyen
3 • Plan rapproché (expression des personnages, dialogues) : très gros plan – gros plan – plan poitrine

1 – Le plan général (plan d’ensemble, général) permet de décrire l’environnement dans lequel l’action se déroule. Une salle de restaurant, un bureau, une salle de sport, une plage… Outre le lieu, on découvre une ambiance. Un moment de la journée. 

2 – Le plan d’ensemble est plus resserré que le plan général. On identifie le sujet qui occupe une partie de l’image. On continue toutefois à percevoir l’environnement dans lequel il se trouve. 

Le plan moyen est un cadrage resserré sur le sujet principal et le décor n’occupe plus une place aussi importante. 

Faisant référence au western et à la ceinture de pistolet qui était encore dans le cadre, le plan américain consiste à cadrer un personnage à mi-cuisse.

3 – On distingue deux types de plans rapprochés : le plan taille et le plan poitrine. Ils servent à mettre en avant les personnages. On ne voit que la partie supérieure du sujet (coupé à la taille ou à la poitrine comme le nom l’indique). Il est complètement isolé du décor. 

Le gros plan permet de mettre en valeur le sujet, par exemple le haut des épaules et la tête qui occupent tout le cadre. Le décor n’est plus présent à l’image.

Le très gros plan consiste à cadrer uniquement une partie du sujet, par exemple les yeux. Il peut servir à faire partager une émotion. 

L’échelle de plans, ce sont toutes ces valeurs différentes de plan. Elle sont une partie importante de la grammaire du cinéma. La même utilisée pour tous, que l’on soit derrière une caméra, un DSLR (appareil photo) ou un smartphone.

L’échelle de plans donne à votre film une autre dimension

Invisible pour le spectateur, cette grammaire offre une large palette d’émotions et de sensations. Même si les technologies ont évolué, la grammaire n’a pas changé et un plan large reste un plan large ! 

Outre les valeurs de plans que nous venons de voir, il existe d’autres types de plan qui permettent de faire passer aux spectateurs des sensations particulières.

C’est le cas des plans en plongée ou en contre plongée. En choisissant de surélever la caméra, celle-ci plonge sur un sujet. Une sensation de domination se fait alors ressentir. Si au contraire, la caméra se place au-dessous du personnage et le cible, ce plan en contre-plongée donne une sensation d’infériorité “à la caméra”. 

L'échelle de plans, c'est proposer une variété de plans différents. Ici, un plan en plongée
Plongée, l’appareil domine le sujet
Jorge Fakhouri-Pexels
L'échelle de plans, c'est proposer une variété de plans différents. Ici, un plan en contre plongée
Contre plongée, le sujet domine l’appareil
Rob Gamble-Pexels

Le plan est appelé subjectif quand la caméra remplace le regard d’un personnage et montre ce qu’il voit. La caméra devient alors subjective. On trouve beaucoup de plans subjectifs dans les jeux vidéos. Quand vous vous déplacez avec votre arme, par exemple.

Et puis, plus dur à manier, le plan séquence consiste à filmer une séquence entière sans stopper une seule fois la caméra. Cela donne beaucoup de tonus aux images. Mais si votre plan séquence dure deux minutes et que vous faites une erreur au bout d’une minute cinquante, il faudra tout recommencer.

Selon la complexité du plan séquence, il faudra mettre en place un véritable ballet afin que la magie s’opère.

Maintenant que vous connaissez tous les types de plans que vous pouvez utiliser, amusez-vous à visionner un film de famille ou les quelques images que vous avez prises avec votre smartphone. Vous ne verrez certainement que deux types de plan : larges et moyens. 

Pour proposer un montage riche, il va falloir filmer différents types de plans. 
Voici comment faire. 

Avoir un point de vue

Littérature ou cinéma, le point de vue est un choix assumé. Au cinéma, il s’agit de ce qui est filmé et de la façon de présenter la réalité perçue par la caméra. Autrement dit, le réalisateur montre ce qu’il veut que nous voyons.

Il a donc son point de vue. Et ce point de vue s’exprime aussi à travers les différents plans. L’échelle de plans participe au point de vue. Mais il nous montre aussi celui de ses personnages. Et puis, il y a aussi le regard du spectateur. Le point de vue et l’identification vont de paire, le premier permettant le second.

Mais attention. La caméra ne ressent pas ce que nous percevons. C’est pour cela que vous allez devoir utiliser toutes les subtilités offertes par les valeurs de plan et l’échelle de plans. Si vous ne filmez que des plans larges, vos spectateurs n’auront pas de sensations.

Pour que l’émotion passe, il va falloir que votre caméra se place à divers endroits avec à chaque fois, un point de vue différent.

Dans une fiction, le point de vue est souvent celui du héros. Celui par lequel le réalisateur veut que nous nous identifions. C’est pour cela que nous voulons que tout se passe bien pour lui. Comme s’il s’agissait de nous, finalement.

L’échelle de plan, de la théorie à la réalité

Si vous filmez pour le compte d’une société qui veut, par exemple, montrer à ses clients comment ses produits sont fabriqués, vous devrez montrer toutes les étapes d’un processus. Le héros, c’est votre client.

De la réunion des collaborateurs jusqu’à l’emballage, en passant par l’atelier si c’est une entreprise qui façonne elle-même ses produits. Vous devez tout montrer sans devenir ennuyeux.

En n’oubliant jamais que la vidéo, ce sont des images qui bougent ! Autrement dit, il faut toujours privilégier des plans où l’on voit des femmes et des hommes qui sont en mouvement plutôt que des pièces vides. 

Une salle de réunion n’a d’intérêt que si des personnes sont en réunion ! Donc, si vous devez en filmer une, demandez à ce que l’on réunisse du personnel.

Si la configuration le permet, vous pouvez d’abord filmer cette pièce de l’extérieur, comme d’un couloir. Mais avec des personnes que l’on distinguera peut-être, si ces murs sont en verre.

Rapprochez-vous de votre sujet !

Une fois dans la pièce, vous ferez plusieurs plans larges, pris à différents endroits.

Une règle importante, les personnes filmées doivent éviter de regarder la caméra.
Le « regard caméra » est à bannir. Si vous faites un plan et que vous vous apercevez que l’un des participants regarde la caméra, recommencez.

Ensuite, rapprochez-vous des personnes présentes. Asseyez-vous à côté d’elles. Posez la caméra sur la table. Cela donnera une perspective très intéressante et des images esthétiques. 

Filmer un stylo qui prend des notes (gros plan). Filmez des visages. Là encore, pas de regard caméra ! N’hésitez pas à vous déplacer avec la caméra en position d’enregistrement. Les mouvements de caméra font également partie de la panoplie de tout bon réalisateur.

S’il y a un orateur, mettez-vous à sa place le temps d’une prise. Là, éventuellement, des regards caméra peuvent être appropriés. Il s’agira alors d’un plan subjectif : la caméra prend la place de l’orateur et par là même, celle du spectateur aussi. Vous lui donnez l’occasion d’être à la place de celui que l’on a vu parler dans le plan précédent.

Ne soyez pas avare dans vos prises de vue. Beaucoup de plans iront à la poubelle lors du montage.

Il vaut mieux avoir trop de prises que pas assez. On a vu des montages devenir des cauchemars à cause d’un manque d’images.

D’autant que certaines de ces images serviront de « plans de coupe » si vous faites une interview.

L’échelle de plans au moment du montage.

Les plans de coupe servent à cacher les coupes nécessaires devant être faites lors du montage d’une interview. En effet, aussi talentueux que soit l’interviewé, il n’est jamais possible de montrer l’intégralité d’un entretien. Au moment du montage, vous allez garder les moments les plus intéressants en essayant de garder une cohérence dans les propos. 

Les plans de coupe servent également à illustrer les propos. Dans l’idéal, il faut montrer des images correspondant à un propos. Si l’interviewé évoque des conditions de travail agréable, montrez des employés se trouvant en situation agréable. A la cafétéria, par exemple, en train de boire un café.

Voilà pourquoi les interviews en début de tournage sont à privilégier. Cela permet ensuite d’aller filmer des images qui serviront à illustrer les propos recueillis.

Dès l’interview terminé, prenez un papier et inscrivez les points évoqués lors de l’entretien pour aller les filmer.

Un bon tournage, c’est, bien entendu, un bon réalisateur.
Mais c’est aussi une bonne organisation. Elle s’acquière avec le temps.

Mais si vous suivez à la lettre ces quelques recommandations, elle peut très vite devenir vôtre. Elle vous fera gagner du temps et rassurera vos clients.

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